Né à Cologne (ALL) en 1988, B.D. Graft vit et travaille à Amsterdam (NL).
Après avoir obtenu une maîtrise en cinéma et littérature anglaise à l’université d’Amsterdam, B.D. Graft capte l’attention des amateurs
d’art avec ses compositions épurées et ses talents de dessinateur ludique, faisant appel à la spontanéité et à la joie que nous éprouvions en griffonnant quand nous étions enfants. Avec des expositions à Amsterdam, Séoul, New-York, Shanghai, Miami ou encore Paris, le travail de B.D. Graft s’implante à l’international par sa présence dans de grandes collections, telles que celle de la famille Niarchos en Grèce, ou celle du Powerlong Museum en Chine. L’artiste a également collaboré récemment avec la marque de champagne
Ruinart en créant une série de bouteilles peintes vendues à une vente aux enchères caritative au profit du WWF.
B.D. Graft étudie la relation entre la vie du motif et sa représentation figée sur toile ou sur papier.
Si la nature morte, en particulier de fleurs, est une figure récurrente, voire omniprésente de la peinture, de Balthasar van der Ast à
Tom Wesselman, en passant par Van Gogh et Matisse, c’est qu’elle reflète pleinement les paradoxes qui régissent les rapports entre
l’art et la vie.
La vibration positive du végétal, plaisante allégorie de la fraîcheur, autorise un geste libre : les collections de plantes en pots de B.
D. Graft, réalisées à main levée, étalent leur monde flottant sur la surface picturale. A la manière des papiers peints ou des toiles de Jouÿ, ses compositions, en recherche d’un équilibre entre plein et vide, relèvent autant de la spontanéité que de la maîtrise de
l’espace pictural, semé aussi régulièrement qu’un jardin à la française. Pour l’artiste, la nature morte offre un terrain de jeu en constant
renouvellement, sur lequel se confrontent l’illusion de la nature et sa domestication rythmée, la calme harmonie de l’abstraction et
l’acharnement touffu de la figuration, la candeur décorative de l’innocence et la sexualité qui s’active en silence.
C’est ainsi, par l’attraction des contraires, que s’activent les toiles et les dessins de B. D. Graft : l’action s’y trame partout, parfois
simplement représentée (arroser, se cacher, serrer, tenir...), souvent suggérée par la seule présence de la fleur, «attracteur cosmique
(...) accomplissant l’acte sexuel par l’intermédiaire d’individus appartenant à d’autres royaumes du vivant, abeilles, mouches et insectes en tout genre» (Emanuele Coccia).
Tout en s’inscrivant dans une peinture foncièrement contemporaine dont les figures émergentes, tels Oli Epp ou Laure Mary Couégnias, vivifient le vocabulaire pop, l’art de B. D. Graft, par l’emploi répété du all-over et de formes à peine esquissées par le trait, dans le sillage de Cy Twombly ou d’Olivier Debré, mais aussi par le motif universel de la vanité, rejoint l’éternité de la peinture et l’éphémère des bouquets.
Jean-Christophe Arcos